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Le domaine Seigneurial de l'Ormois

Le domaine seigneurial de l'Ormois à Montoir appartenait au Vicomté de Donges.

Le pignon nord du bâtiment serait de la fin du 14ème, début 15ème. La cheminée posée à l'intérieur de ce mur nord est du 15ème. La charpente du 17ème est remarquable, il en existe que 2 dans la région, l'autre est au château de Pont d'Or à Avéssac.
Ce bâtiment est devenu une ferme par nécessité au début du 20ème siècle.

Maison noble de l’Ormois en Montoir

Blason des de la Lande

Montoir a deux histoires parallèles et qui, semble-t-il, ne se rencontrent jamais.
Celle des marins et de la construction navale racontée au Musée de la Marine en bois du Brivet et celle du territoire de la paroisse de Montoir dans la Vicomté de Donges.
Avec Braz et Trégonneau, l’Ormois est un domaine seigneurial dont François Cheneau nous a fait l’historique ci-dessous :
D’après l’aveu fait au Roi par la vicomtesse de Donges, Suzanne de Bourbon, en 1534, l’Ormois, paroisse de Montoir, est le fief noble dont le possesseur est tenu aux devoirs d’ « hommage et rachat » envers son suzerain le Vicomte de Donges.
A cette époque, le seigneur de l’Ormois est Jacques de la Lande, époux de Marguerite de la Ryaie, Dame de Blanche en Donges (face à Tréveneux). Le 7 avril 1545, « Damoiselle Marguerite de la Ryaie, Dame de Blanche », est la marraine au baptême, à Donges, de Marguerite Gillet, fille de Gilles Gillet er de Françoise Alletz.
Les de la Lande sont une famille très présente dans la région aux XVième et XVIième siècles.
Seigneurs de la Cour-de-Bouée, et de la Haye-Mahéas en Saint Etienne de Montluc, ils deviennent également seigneurs de Martigné et de la Jallais en Donges (par mariage avec l’héritière des Meschinot à la fin du XVième siècle).
Jacques de le Lande, de l’Ormois en Montoir, appartient à cette famille qui porte pour blason : «D’azur à quinte feuilles d’argent».

Blason des de Besné «Vairé, contre-vairé d’or er de gueules»

Après lui, on connait comme seigneurs de l’Ormois :
1573 : Jacques de la Lande, deuxième du nom, « Escuyer », seigneur de Blanche en Donges, époux de Françoise Coterel (issue sans doute des Coterel de Montoir, seigneurs de Trégonneau et du Bois Joubert).
1610 : René de la Lande, seigneur de Blanche en Donges. En 1604, il épouse Suzanne Cheminard, à Nantes, dans la chapelle de Cheviré.
René de la Lande meurt à Donges en octobre 1615. Sa veuve, Suzanne Cheminard, lui survit pendant 37 ans, elle meurt fin janvier1652, et elle est enterrée dans l’église de Donges.
Il semble que par la suite, l’Ormois et Blanche n’appartiennent plus à la même famille.
En 1631, Artus Bourdeil, Sieur de la Maillardière (sans doute le domaine du même nom, se trouvant sur la commune des Sorinières) est devenu seigneur de Blanche par son mariage avec Françoise de la Lande (décédée en 1664), fille et héritière des précédents. Mais il ne porte plus le titre de seigneur de l’Ormois.
A la fin du XVIIième siècle, le titre de seigneur de l’Ormois est porté par François de Besné, deuxième du nom, (1664-1711), seigneur de la Haye-de-Besné et de Redureau en Donges.

Le domaine noble de l’Ormois est donc passé par mariage, vente ou héritage à la famille de Besné.

Les opérations de restauration du domaine seigneurial de l'Ormois se poursuivent sur plusieurs années. Elles concernent le four à pain et la fuie. Elles sont possibles grâce au concours précieux d'une vingtaine de bénévoles encadré par l'association Cham (chantiers histoire et architecture médiévales) et le soutien de plusieurs partenaires. (Total, Charier, la commune de Montoir de Bretagne)
La restauration et la reconstitution du grand four datant de la fin du XVIII e siècle à terme pourra permettre son utilisation. Quant au pigeonnier situé à proximité, il est lui aussi en cours de restauration.

 

Le nœud, œuvre d'art contemporaine

Quelques mots sur son auteur                                         

Yves Le Corre, 75 ans, est ingénieur à la retraite. 42 ans de carrière dont 25 à Saint Nazaire et 7 à Montoir de Bretagne, en qualité de responsable d’une agence d’ingénierie qui a compté  jusqu’à
 80 ingénieurs, dessinateurs, conducteurs de travaux et secrétaires  pour tous les corps d’état de l’industrie : mécanique, tuyauterie, chaudronnerie, charpente, électricité, automatismes, génie-civil…

Présentation de l’œuvre

Le dessin en tuyauterie industrielle a été l’une de ses spécialités.
C'est un tuyau en acier diamètre 273 mm pesant 320 kg, hauteur 2,80 m, longueur développée droite 7 m, dans lequel émerge le « nœud simple »    
C’est son nom d’après la nomenclature des nœuds de marin.

Le nœud est effectivement simple mais il s’est avéré extrêmement difficile à réaliser.
Il faut d’abord le dessiner. Puis l’analyser.
Ce nœud est composé de 2 points d’interrogation strictement identiques mais l’un avec la tête en bas.    Ils ne sont pas plans mais très tordus.     C’est ce qui complique tout.
Il est composé de  9 coudes à 90° normalisés dont certains doivent être recoupés à des angles pré-calculés.   Il faut ensuite les assembler entre eux avec encore des orientations angulaires pré-calculées.   
Pour respecter les contraintes volontaires ( tube de tête exactement dans le prolongement du tube de pied, pas de manchette droite dans la partie nouée, aucune coupe biaise, un vide d’air de 108 mm (2) entre croisements de tubes …) la moindre erreur d’assemblage rend la réalisation impossible. (2) 108 mm = (10’’x 25,4 mm x 1,5) – 273 mm !
Je pense aussi qu’il n’y a qu’une seule formule pour faire ce nœud dans ce diamètre.
Aux matheux, assistés par ordinateur ou non, de me prouver le contraire !
Mon assemblage, par pointages à la soudure à l’arc, de la quinzaine d’éléments lourds, difficile à tenir dans l’espace, qui composent la sculpture, n’est pas parfait mais il faut tenir compte qu’il a été réalisé avec des moyens de bricoleur dans mon sous-sol.
Pourquoi cette œuvre peut devenir le symbole des savoir-faire et de leurs mutations ?

Le choix d’un objet représentatif des savoir-faire, tous confondus, et de leurs mutations n’est pas facile mais,  c’est peut-être ce tuyau avec un nœud dedans qui s’y prête encore le mieux pour les raisons suivantes :
D’abord il y a l’expression « donner un tuyau » dont je ne connais pas l’origine mais qui consiste à transmettre un peu de votre savoir-faire à qui vous le demande.
Ensuite, les tuyaux de toutes matières sont des éléments extrêmement répandus dans toutes les industries : le bâtiment, les centrales thermiques, le pétrole, les laiteries, l’agroalimentaire, la chimie, la navale, l’aéronautique, les travaux publics, partout, pour l’eau, le gaz, tous les fluides et même pour passer les câbles et fils électriques.
Quant au nœud, il représente évidemment le savoir-faire des marins, montagnards, pécheurs, spéléologues, couturières et autres, mais pas seulement.
Il est aussi un de nos premiers savoir-faire à tous. Nous naissons, apprenons à marcher et à faire un nœud avec les lacets de nos chaussures. Un savoir qui nous servira quotidiennement tout au long de notre vie. Pour les nœuds de cravate c’est encore vrai.
Tuyau et nœud associés, les plombiers, du temps où ils travaillaient le plomb le siècle dernier, en avaient déjà fait le symbole de leur savoir-faire. En fin d’apprentissage, le plombier passait une épreuve consistant à réaliser un nœud dans un tuyau de plomb diamètre 40 mm, sans écraser le tube et en conservant son épaisseur. Pour cela, il se servait d’un chapelet de billes en buis et d’une batte également dans ce bois très dur. J’ai retrouvé ces deux accessoires. Malheureusement, les nœuds étaient sciés pour un contrôle d’épaisseurs avant d’être recyclés. Ils semblent aujourd’hui introuvables.

Et pour ceux qui ne s’intéressent pas au côté technique,  me direz-vous ?

Eh bien,  pour eux,  dans cette sculpture originale, Il y a quelque chose d’artistique, de beau, de spatial, dans l’harmonie de ses courbes continues.
Ensuite,   pour ceux qui aiment plaisanter, allez savoir pourquoi on a donné le nom de « nœud » à autre chose qui vous vient de suite à l’esprit.    L’auteur n’y est pour rien.
Mais,  après tout,  un « gros nœud » ça plaît à tout le monde, aux femmes, aux hommes, aux jeunes, aux vieux et c’est tant mieux si cette sculpture peut faire rire un peu.
C’est bon pour la santé parait-il !
L’auteur vous a dit que le nœud est constitué de deux points d’interrogation identiques mais l’un avec la tête en bas.   C’est un simple constat imprévu, mais,
en tournant autour et avec un peu d’imagination,  il peut permettre aux plaisantins de découvrir que les deux pièces forment un nombre à deux chiffres qu’ils connaissent bien et qui peut faire rire aussi !   (Mais où sont donc passés les tuyaux, les tuyaux, les tuyaux !).

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